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Kinshasa, 19 septembre 2025 –Un atelier consacré à l’avenir du secteur des télécommunications en République démocratique du Congo (RDC) s’est tenu, vendredi, au siège du Conseil économique et social (CES), à l’initiative de la Commission Infrastructures et Aménagement du territoire.Les travaux ont été présidés par le Premier vice-président du CES, le professeur Léon KYABOBA, représentant le Président Jean-Pierre KIWAKANA KIMAYALA.Contexte et objectifCet atelier s’inscrit dans le cadre des travaux préparatoires d’un projet d’avis que la Commission Infrastructures et Aménagement du territoire élabore sur l’avenir du secteur des télécommunications en RDC.Selon Coco BELADE, président de ladite Commission,> « L’atelier a pour objectif de dresser un diagnostic du secteur et de proposer des recommandations susceptibles d’en assurer le développement ; de faire l’état des lieux des télécommunications et de la poste en identifiant le cadre légal et institutionnel, ainsi que de formuler des pistes de solutions pour une gestion optimale, particulièrement dans le secteur public. »Constats générauxLes experts issus du secteur public et privé ont brossé un tableau préoccupant du secteur, évoquant une régression du pays par rapport à son niveau d’équipement et de performance d’il y a plusieurs décennies.Intervention de l’expert David MEWA MWANGAL’un des intervenants, David MEWA MWANGA, ingénieur des télécommunications, spécialiste en réseaux câblés et fibre optique, a rappelé :> « À l’accession de la République démocratique du Congo à la souveraineté nationale et internationale, le pays était le premier au sud du Sahara en matière d’infrastructures de télécommunications et disposait, dès les années 1970, d’un réseau par satellite.

Les revenus générés par ce secteur permettaient à l’État d’assurer, à l’instar de la Gécamines, le financement des missions diplomatiques et le paiement des services de sécurité. »David MEWA MWANGA est également expert en régulation des marchés de télécommunications et des TIC, enseignant et superviseur, et membre de la Commission de la réforme des télécommunications en 2002.L’expert a rappelé qu’en 1985, la RDC avait acquis un central numérique NGN de Huawei d’une capacité de 150.000 lignes extensible à 3 millions d’abonnés.> « Malheureusement, ce central a tourné à vide pendant 15 ans sans jamais accueillir un seul abonné avant de tomber en panne, faute d’entretien et de moyens financiers », a-t-il déploré.Il a également souligné que, plus récemment, le pays a investi entre 12 et 15 millions de dollars pour 650 km de fibre optique, mais « sans respect des normes d’ingénierie », entraînant une faible efficacité du réseau.> « En 1968, la Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT) était la deuxième entreprise publique en termes de revenus en devises après la Gécamines. Aujourd’hui, avec des équipements obsolètes et un réseau quasi inexistant, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même », a-t-il regretté.Autres interventionsPour sa part, Jean-Pierre BOONDO, administrateur-directeur général du Réseau national de télécommunication par satellite (Rénatelsat), a indiqué que sur 56 sites du réseau national, seulement neuf sont numérisés, ajoutant qu’un financement de 60 millions de dollars serait nécessaire pour couvrir l’ensemble du territoire national.> « Le principal blocage au relèvement du secteur réside dans les changements fréquents de ministres de tutelle. Chaque arrivée entraîne un renouvellement d’équipes et la reprise des procédures, ce qui retarde considérablement l’avancement des projets », a-t-il expliqué.Clôture et perspectivesEn clôturant les travaux, le Premier vice-président Léon KYABOBA a salué la qualité des échanges et la pertinence des analyses formulées par les participants.Cet atelier marque une étape importante dans l’élaboration du projet d’avis du CES-RDC sur le développement du secteur des télécommunications, un domaine jugé stratégique pour la modernisation de l’économie nationale et la transformation numérique du pays.

Presse CES

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