Le Président du Conseil Économique et Social (CES), M. Jean-Pierre KIWAKANA KIMAYALA, a présidé ce vendredi, dans la salle des plénières du CES, une séance consacrée à la présentation et à l’adoption du projet d’avis sur la gouvernance associative en République Démocratique du Congo, élaboré par la Commission Santé, Affaires Spéciales et Culturelles (CSASC).Intitulé « Étude des mécanismes de régulation et de soutien aux associations pour une prestation de qualité », ce projet constitue un jalon majeur dans la réflexion nationale sur le rôle, la régulation et la contribution des associations à la gouvernance démocratique en RDC.Certes, le Conseil économique et social de la RDC n’a pas un pouvoir de décision, mais son rôle d’expertise, de consultation et de concertation est essentiel pour éclairer les décisions des pouvoirs publics dans la gestion du développement national.Ainsi ,une réflexion sur les fondements de la gouvernance associative est pleinement dans ses rôles.Il importe aussi de cerner le sens de la gouvernance associative qui désigne la manière dont une association est dirigée, organisée et contrôlée pour atteindre ses objectifs dans le respect de ses valeurs, de ses statuts et des règles démocratiques.Autrement dit, l’art de gérer une association en assurant une bonne répartition des rôles, une prise de décision transparente et une participation active de ses membres.Prenant la parole devant l’Assemblée plénière, le Professeur YOKA Lye, Président de la Commission Santé, Affaires Spéciales et Culturelles, a replacé la gouvernance associative dans une perspective historique, philosophique et géopolitique.Selon lui, l’histoire du mouvement associatif congolais s’inscrit dans « une longue lutte pour la concrétisation des souverainetés internes, locales et collectives », face aux logiques de domination et d’ingérence.Le rapport de la Commission rappelle que la vie associative congolaise puise ses racines dès le début du XXᵉ siècle, à travers les initiatives pionnières de Panda Farnana et Stéphano Kaoze, avant de se diversifier au fil des décennies : des mouvements d’entraide et de réflexion aux associations professionnelles, culturelles et citoyennes.Cette évolution témoigne de la vitalité du tissu associatif congolais, mais aussi de ses défis persistants.À travers une analyse SWOT (forces, faiblesses, opportunités et menaces), la CSASC a mis en lumière les atouts et les obstacles majeurs du secteur :Forces et opportunités : la diversité des associations présentes sur toute l’étendue du territoire national, leur contribution à la paix, aux droits humains et au développement durable, ainsi qu’un cadre constitutionnel propice à leur régulation.Faiblesses et menaces : la prolifération incontrôlée d’ASBL, les rivalités de leadership, la gestion peu rigoureuse des ressources, les influences politiques et les dépendances vis-à-vis des partenaires extérieurs.Des préconisations concrètes pour une meilleure gouvernance associativeFace à ces constats, le CES, par le biais de la CSASC, a formulé des préconisations précises à l’attention des pouvoirs publics et des associations elles-mêmes.Ces recommandations visent à promouvoir une meilleure régulation et une professionnalisation de la gestion associative en RDC.Elles incluent notamment :L’adoption d’un cadre normatif inspiré de l’OHADA, pour un système comptable adapté aux entités à but non lucratif ;L’intégration du modèle stratégique NEXUS, permettant de coordonner les actions humanitaires, de développement et de consolidation de la paix ;Le renforcement du contrôle de la qualité des prestations des associations, sous des conditions de discipline fixées par la loi.Ces orientations visent à faire des ASBL des acteurs dynamiques et crédibles du développement intégral de la RDC. *Vers une société civile structurée et partenaire de l’État* Le Professeur YOKA Lye a insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance associative pour consolider la démocratie, encourager la participation citoyenne et garantir la stabilité sociale.En conclusion, il a cité deux références inspirantes :l’une, issue de la philosophie Ubuntu, « Je suis parce que nous sommes », et l’autre, empruntée au Président du CES, Jean-Pierre KIWAKANA KIMAYALA, déclarant lors de l’ouverture de la session :« Il nous faut agir en hommes et en femmes de pensée, et penser en hommes et en femmes d’action. » *Un signal fort pour le renforcement de la société civile* En adoptant ce projet d’avis, l’Assemblée Générale du CES envoie un message fort en faveur d’une société civile responsable, régulée et véritablement partenaire de l’État dans la quête d’un développement durable et inclusif de la République Démocratique du Congo.Le Conseil économique et social (CES) de la République démocratique du Congo (RDC) est un organe consultatif prévu par la Constitution.Son rôle principal est de donner des avis et des Préconisations au gouvernement, au Parlement et aux autres institutions de la République sur les questions économiques, sociales, culturelles, scientifiques et environnementales.
Presse et Information/ CES
